L’histoire

La Première Guerre mondiale s’est déroulée du 1er août 1914 au 11 novembre 1918.

Le contexte
Début du XXe siècle, la montée en puissance de l’Empire allemand vient bousculer le jeu des grandes puissances européennes. L’empereur Guillaume II cherche en effet à renforcer le poids de l’Allemagne sur la scène internationale. L’empereur délaisse le pacte de non-agression conclu avec la Russie et affiche un soutien affirmé à l’Empire d’Autriche.

En 1894, le pacte conclu entre la France et la Russie isole un peu plus diplomatiquement l’Allemagne. Chef de l’état-major allemand, le comte Alfred von Schlieffen comprend que cette alliance menace directement l’Allemagne qui en cas de guerre est cernée par les deux pays.
Schlieffen bâtit un plan qui vise à anéantir l’armée française avant d’affronter les Russes sur le front Est. La Russie dispose certes d’une armée puissante en nombre mais la surface du pays ne permet pas à ses troupes d’être opérationnelles en moins de six semaines. Schlieffen propose donc de concentrer dans un premier temps les troupes allemandes sur le front Ouest afin de défaire rapidement l’armée française pour qu’elles n’aient ensuite qu’à se battre sur le seul front Est.

Considérant, que le protocole de 1851 garantissant la neutralité de la Belgique n’est qu’un simple « chiffon de papier », l’état-major allemand prévoit de violer la neutralité belge pour entrer en France par le Nord et les Ardennes. S’ouvriront alors devant l’armée allemande les plaines de Picardie qui lui permettront de descendre aisément sur Paris pour ensuite prendre à revers les troupes françaises stationnées dans l’Est. Par la même occasion, l’Allemagne ferait main basse sur les industries et les mines et profiterait du dense réseau de routes et de chemins de fer qui les desservent.

L’organisation du conflit
Le conflit a concerné quatre fronts sur le sol Européen :
• le front Ouest, avec la Belgique et la France
• le front Est, avec la Russie,
• le front italien, dans les Alpes,
• le front des Balkans, face à l’Empire Ottoman.

Sur le Front de l’Ouest
L’ensemble des opérations s’est déroulé sur le sol belge (la Belgique a été entièrement occupée à l’exception d’une enclave située entre Ypres et la France) et sur le territoire français. Aucun soldat allié n’a foulé le sol allemand, hormis les prisonniers ou les Français lors d’une brève incursion en Alsace, alors allemande, en août 1914.

Les Alliés ont mobilisé les forces d’une coalition de plus de 20 nations, mais l’essentiel a reposé sur les armées française et britannique. Les Etats-Unis, entrés en guerre au printemps 1917, joueront un rôle considérable dans l’issue final du conflit, en 1918, qui aboutira à la victoire des Alliés.

Chronologiquement, trois grandes phases :
• la guerre de mouvement, d’août à octobre 1914
• la guerre de position, de novembre 1914 à mars 1918
• le retour de la guerre de mouvement de mars à novembre 1918

L’invasion et la guerre de mouvement
Le 4 août 1914, l’état-major allemand lance plus de 700 000 hommes à l’assaut de la Belgique. Conformément au Plan Schlieffen, celui-ci s’est donné 6 semaines pour prendre Paris et anéantir l’armée française embourbée en Alsace-Lorraine avant de se retourner ensuite vers l’Est, où la Russie menace. Dans cette optique, Maubeuge, située à l’intersection des voies ferrées qui, venant de Bruxelles ou de Liège, convergent vers Paris, constitue un objectif stratégique important.
En mettant en œuvre des effectifs considérables d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie, l’état-major allemand entend traverser la Belgique neutre pour ensuite prendre Paris. Malgré la résistance opposée par les armées belge et française appuyées par la Force Expéditionnaire Britannique autour de Liège, Namur et Mons l’avancée allemande se poursuit vers la frontière franco-belge, contraignant les Alliés au repli.

Les batailles de la Sambre
La IIe armée allemande commandée par le generaloberst von Bülow traverse la Belgique dans un vaste mouvement tournant centré sur les Ardennes et progresse vers le sud-sud-ouest avec pour objectif de déborder Maubeuge par le nord.
La Ve armée française, commandée par le général de division Lanrezac, progresse vers le nord en vue d’attaquer l’aile marchante allemande par l’ouest, en même temps que les IIIe et IVe armées à l’est de la Meuse.
La rencontre entre ces deux armées se déroule en de multiples endroits de part et d’autre de la Sambre, mais principalement autour de Charleroi, par facilité peut-être, l’histoire retiendra « La bataille de Charleroi ».
A partir du 20 août, les 1e, 3e, 10e et 18e corps de la Ve armée française s’installent le long de la Sambre entre Charleroi et Namur, un rideau est fourni par le corps de cavalerie Sordet.
La IIe armée allemande progresse de son côté avec le 10e corps d’armée et le corps de la Garde au sud de la Sambre, le 7e corps se déploie au nord de la Sambre.
Le 21 août, les corps d’armée de tête se rencontrent et les combats se déroulent à Tamines, Arsimont et Auvelais.
Le 22 août les combats éclatent sur les communes de Le Roux, Aiseau, Roselies mais également sur Carnières, Anderlues et Leernes où les troupes du 3e corps d’armée ont été détachées. Leur mission est de faciliter le repli du corps de cavalerie Sordet, qui assure la liaison avec le Corps expéditionnaire britannique déployé sur Mons.
Le 23 août, les combats font rage à Lobbes, Gozée et Marbaix-la-Tour.
Durant ces trois jours, les armées françaises ont fait face à une armée allemande déployée en grand nombre munie d’une artillerie lourde et efficace. Les contre-offensives sont sans résultat concret et surtout très meurtrières. Sur les 27.000 soldats français et allemands morts au combat les 21, 22 et 23 août, près de 6000 ont péris sur la Sambre.
Le 24 août, le général Charles Lanrezac se voit contraint d’ordonner la retraite sur la ligne Avesnes-Regniowez en France avec pour appui, à gauche la place forte de Maubeuge, à droite les Ardennes afin de tenter de se rétablir.
A partir du 27 août 1914, 60 000 soldats allemands investissent la place de Maubeuge. Le 29, leur artillerie commence le pilonnage des différents ouvrages de défense. Les forts sont écrasés les uns après les autres. Progressivement, les Allemands resserrent leur étau autour de Maubeuge. Le 7 septembre, le général Fournier, gouverneur de la place, annonce la reddition de la défense française.
Le siège de Maubeuge, le plus long de toute la Première Guerre mondiale, aura duré plus de deux semaines. Les Allemands ont fait 45 000 prisonniers à son issue. Mais cet affrontement a retenu une partie des troupes allemandes de leur marche vers Paris.
Début septembre 1914, les Français, dans un ultime sursaut, arrêtent la poussée allemande à 40 km de la capitale lors de la première Bataille de la Marne. Le 9, l’armée allemande entreprend un repli de 60 km vers le nord, sur une ligne de défense établie le long de l’Aisne.
Pendant plusieurs semaines, les deux armées, en mouvement permanent, s’affrontent avec de très lourdes pertes. Le mouvement s’arrête, en octobre, sur les rives de la Mer du Nord. Une dernière tentative de percée allemande est stoppée, fin octobre, près d’Ypres. Epuisés, les deux camps commencent à se retrancher derrière une ligne continue de tranchées et d’ouvrages défensifs.

Le bilan de la guerre de mouvement de l’été et de l’automne 1914, par l’ampleur des pertes enregistrées, traduit bien « l’industrialisation de la guerre ».

La guerre de position, de novembre 1914 à mars 1918
Les Allemands contrôlent des régions économiques majeures, en particulier l’ensemble des bassins miniers belges et le bassin du Nord–Pas de Calais. Par ailleurs, sur le plan tactique, l’armée allemande a pris un soin extrême à installer ses lignes de défense sur les hauteurs, aussi infimes soient-elles, notamment en Flandre.

La zone des armées », qui s’étend sur plus de 700 km, des rivages de la Mer du Nord à la frontière suisse, forme une bande de terrain transformée en réseau défensif, dont la largeur varie de quelques centaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètres, truffé de tranchées, de barbelés, de blockhaus et d’abris souterrains. Des millions de soldats ont été engagés dans cette zone transformée en paysage lunaire par le pilonnage incessant de l’artillerie, et plusieurs millions y ont péri, après avoir enduré dans les tranchées des conditions d’existence très difficiles, marquées par les rigueurs climatiques, l’absence d’hygiène, l’omniprésence des parasites. Tout au long du conflit, sur les différents secteurs du front, des périodes d’accalmie ont alterné avec des bombardements massifs et des offensives meurtrières.

L’objectif essentiel des Français est de reconquérir, quel qu’en soit le coût humain, le territoire occupé par les Allemands. Pendant la guerre de position, les commandants en chef des armées alliées sur le front Ouest sont persuadés que la seule solution pour chasser les Allemands des territoires qu’ils occupent consiste à mener des actions offensives répétées. Il en résulte le déclenchement d’une série d’attaques, à des échelles différentes, sur différents secteurs du front. Les moyens humains et matériels engagés dans ces attaques sont d’une ampleur totalement inédite dans l’histoire militaire. Toutes les tentatives aboutissent à des échecs sanglants au prix d’épouvantables hécatombes : jamais la « percée » décisive espérée par les protagonistes n’aura abouti.

Le retour de la guerre de mouvement de mars à novembre 1918
La grande offensive allemande commence à l’aube du 21 mars 1918. Elle est dévastatrice : le front britannique est enfoncé et les pertes très élevées (38.000 victimes en une journée, 20.000 prisonniers) ; une retraite improvisée commence aussitôt. Ce n’est qu’après un mois de combats que les allemands décident d’interrompre l’attaque ; ils ont progressé en certains points de plus de 60 km dans les lignes alliées, mais leurs troupes sont épuisées et la logistique se révèle défaillante.

Ce sont les Français et les Américains qui, à partir de mai 1918, mettent en échec les poussées allemandes. Fin juillet, le mouvement s’inverse, avec le déclenchement d’une puissante contre-offensive alliée, avec coordination des actions des trois grandes armées. Le 8 août 1918 marque le début d’une offensive continue des Alliés sur l’ensemble du front. Cette offensive aboutit, après 100 jours de combats, à la victoire des Alliés et à l’armistice du 11 novembre qui met un terme au grand carnage.

 

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