Les coulisses de la Grande Guerre

Point de départ : Eglise, Place Gendebien, 1 – 6120 Marbaix-la-Tour

Nombre de kilomètres : 6,2 km (ou 10,2km si liaison avec Gozée)

Les batailles oubliées de la Sambre

Le 4 août 1914, l’état-major allemand lance plus de 700.000 hommes à l’assaut de la Belgique. La IIème armée allemande, commandée par le Général Karl von Bülow, traverse notre pays en passant par Maubeuge avec pour objectif ultime d’envahir la France et faire tomber Paris. La Vème armée française est commandée par le Général Charles Lanrezac. La rencontre entre ces 2 armées se déroule du 21 au 24 août en de multiples endroits de part et d’autre de la Sambre.

Territoire d’Ham-sur-Heure-Nalinnes

Aucune grande route ne traversant l’entité, les villages sont donc relativement épargnés lors des combats des 22 et 23 août 1914. Ceux-ci ont lieu au nord à la limite de Marbaix-la-Tour-Gozée, et au sud à la limite de Nalinnes. Comme en de nombreux endroits, la majorité des habitants a évacué les villages. La population se dirige vers Beaumont et la France. L’Eglise de Nalinnes-Centre conserve une trace de cette bataille. On raconte qu’à un moment du combat, la présence d’un observateur allemand dans le clocher de l’église est signalée parmi les troupes françaises, et un tir d’artillerie est demandé. L’obus n’atteint fort heureusement qu’une arête de la tour, et apparemment le tir n’est pas poursuivi. On peut encore observer actuellement la trace de la réparation de la maçonnerie.

En 1916, un cimetière est construit à la sortie de Nalinnes-Haies vers Marcinelle. Il comptait 113 tombes dont 34 françaises, 78 allemandes et une belge. Actuellement, il ne reste rien de ce cimetière. Tout comme le cimetière de Gozée, en 1922, les corps des soldats français sont déplacés vers Belle-Motte. Les corps des soldats allemands sont transférés à Vladslo en 1956.

Hôpital provisoire

Le château de La Pasture est transformé en hôpital provisoire en raison des caractéristiques prescrites par le règlement de 1912 en matière de poste de secours en temps de guerre : « généralement installé dans un village, dans une grande ferme, dans un château ou à défaut dans des groupes d’habitations où on choisira des maisons garanties par d’autres constructions. » Le corps médical ne pratique que les opérations d’une urgence absolue : hémorragies artérielles des membres, menaces d’asphyxie, régularisation des segments osseux, etc. Les soldats blessés superficiellement sont renvoyés à la caserne quelques jours. Les cas plus graves sont transportés vers les hôpitaux les plus proches.

Prés du château de La Pasture, le lieutenant Charles Cécile succombe au tir d’une violente attaque de l’artillerie allemande. Une sépulture est placée dans l’aire du château à l’endroit où il perd la vie. Il est cité à l’ordre du régiment le 25 août avec la mention : « Par son ascendant moral merveilleux sur ses hommes, a maintenu jusqu’à la dernière limite sa section de mitrailleuses sous un feu des plus violent d’artillerie et d’infanterie ennemie. Officier d’une rare valeur a été malheureusement mortellement blessé. » Son corps sera rapatrié en France vers 1970.

Les enjeux ferroviaires

L’armée d’occupation est scindée en deux catégories : la « Landwehr » (« défense du pays ») et la « Landsturm » (« troupes de réserve militaire »). La « Landwehr » comprend des hommes âgés de plus de 27 ans. A la différence des autres régiments d’infanterie, ils n’ont pas de compagnie de mitrailleuses et ne sont constitués que de 2 bataillons. Ils ont pris une part active lors des combats de la Grande Guerre. La « Landsturm » est composée d’hommes entre 17 et 45 ans qui n’ont pas été jugés aptes pour le front, mais qui malgré tout n’ont pas bénéficié d’une exemption de service. Ils sont incorporés dans les unités de défense du territoire ou territoires occupés. A partir de 39 ans, ils sont versés dans la Landsturm 2e ban.

L’entité d’Ham-sur-Heure-Nalinnes est traversée par la ligne de chemin de fer « Charleroi – Vireux » (sud de Givet) et comprend plusieurs gares : Cour-sur-Heure, Ham-sur-Heure et Jamioulx. Durant l’occupation, la « Landsturm » est donc fortement déployée. Après l’armistice du 11 novembre 1918, les troupes allemandes ont un bref délai pour quitter les territoires occupés. Dans la nuit du 14 au 15 novembre suivant, en gare de formation de Jamioulx, un train de munitions est à l’arrêt. Ne parvenant pas à l’aiguiller vers Charleroi, les Allemands décident de le détruire et le font sauter. La gare est complètement ravagée et couverte d’un amoncellement de ferrailles. Les trois quarts des logements sont détruits, et des vitres brisées s’entassent dans les villages voisins.

Tactiques militaires

Coté français, en 1914, la tactique de combat était assez simple : charger massivement l’ennemi et remporter la victoire à la pointe de la baïonnette. Du côté allemand, la tactique est différente. Les troupes sont positionnées devant l’objectif. Utilisant le terrain au maximum, la charge finale n’est lancée qu’au dernier instant. En outre, les Allemands plaçaient de temps en temps des otages devant les troupes servant ainsi de boucliers humains. Ils estimaient, à raison, que les soldats français ne tireraient pas sur des civils.

Suite à la perte d’une grande partie de ses troupes (Roselies, Tamines, etc.), le Général Charles Lanrezac prend position en se préparant à l’attaque sur toute la Sambre. Les combats ont lieu les 22 et 23 août, suite à la marche en avant de la IIème armée allemande. Les Français perdent tous leurs combats sur la Sambre. Le Général Charles Lanrezac, sans l’assentiment de son supérieur le Généralissime Joffre, ordonne le 23 au soir la retraite générale de sa Vème armée. Cette prise de position a permis de ne pas se faire encercler à Charleroi, ainsi que le sauvetage de la division belge de la Place forte de Namur. Cette tactique fut également mise en œuvre lors de la bataille de Guise et sur la Marne. Malgré son intelligence militaire, le Général Charles Lanrezac est limogé par Joffre pour insubordination. Par la suite, l’affaire Lanrezac refait surface et les honneurs sont rendus au Général. Toutefois, il refusa les décorations et prit sa retraite.

L’arrivée des australiens
Après l’armistice, quatre des cinq divisions australiennes venues combattre en Europe sont cantonnées dans l’Entre-Sambre-et-Meuse à partir de la mi-décembre en vue de leur retour dans leur pays au départ de la gare de Charleroi. En pratique, ces troupes installent leurs quartiers d’hiver dans toute la région, et le Grand Quartier Général investit le château du Comte d’Oultremont à Ham-sur-Heure. Quelques jours plus tard, Le Prince de Galles, futur roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard VIII (1894-1972) vient visiter et décorer les plus méritants des militaires. Il établit également sa résidence au château d’Ham-sur-Heure.

Les soldats sont logés chez l’habitant et reçus partout avec chaleur comme en témoignent de nombreux écrits. Des liens d’amitiés, et même parfois amoureux, se créent rapidement et leur départ à partir de la mi-janvier 1919 est ressenti avec beaucoup de tristesse. Par exemple, à Nalinnes Haies, arrivés le 20 décembre 1918, les soldats australiens sont hébergés chez l’habitant comme partout dans la région. Cinq d’entre eux ont logé chez Nestor Pourigneaux à la rue des Haies.

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La Promenade héroïque

Point de départ : Monument aux morts, rue de l’église 6540 Lobbes

Nombre de kilomètres : 4,6 kms

Les batailles oubliées de la Sambre

Le 4 août 1914, l’état-major allemand lance plus de 700.000 hommes à l’assaut de la Belgique. La IIème armée allemande, commandée par le Général Karl von Bülow, traverse notre pays en passant par Maubeuge avec pour objectif ultime d’envahir la France et faire tomber Paris. La Vème armée française est commandée par le Général Charles Lanrezac. La rencontre entre ces 2 armées se déroule du 21 au 24 août en de multiples endroits de part et d’autre de la Sambre.

Bataille de Lobbes – 23 août 1914

Les 22 et 23 août 1914, les soldats du 18ème corps français défendent les ponts sur la Sambre. Le 23 août 1914, dès le lever du soleil, les soldats français freinent l’approche de l’armée allemande sur la rive gauche de la Sambre. Dans l’après-midi, la brigade française reflue au sud de Biercée pendant que les allemands s’infiltrent sur la rive droite. Malgré la supériorité numérique allemande, l’armée française inflige de lourdes pertes au camp ennemi. Dans la soirée, le corps de cavalerie du Général Sordet se retire vers le sud. Le village étant incendié, les habitants portent secours aux blessés et inhument les morts.

Les enjeux des ponts

Outre les pertes humaines, la première Guerre Mondiale entraîne une dégradation des secteurs agricole et industriel. Les destructions matérielles sont également considérables et affectent durement les habitations, les usines et autres infrastructures de communication comme les ponts, les routes et les voies ferrées. Face à l’avancée de l’armée allemande, les soldats français exploitent au mieux l’aménagement du territoire. Les ponts, en l’occurrence, sont souvent utilisés comme freins aux passages des allemands.

Lobbes possède quatre ponts. Le samedi 22 août 1914, le lieutenant français Cotinaud reçoit la mission de mettre la rive droite de la Sambre en état de défense. Le Bourgmestre est invité à laisser les rues de la rive gauche éclairées. Les habitants sont prévenus que le pont-levis sera relevé, et que toute personne passée sur la rive droite devra y rester. Le chef de gare est appelé à suspendre la circulation des trains. Les deux ponts métalliques de chemin de fer sont barricadés au moyen de wagons renversés. Les tabliers métalliques sont déboulonnés. Dimanche matin, l’arrivée de l’armée allemande est annoncée. Milieu de journée, sur ordre des généraux, la ligne de défense est reportée sur le plateau. Cette défense a engendré quelques pertes humaines.

Les séquelles humaines

Concernant l’évacuation des blessés, les responsables locaux de la Croix-Rouge font face à des difficultés de gestion. Cette situation exige la collaboration des habitants qui abritent un ou plusieurs blessés. Après la guerre, une belle fraternité se développe entre les Lobbains et les familles de ces blessés généralement originaires du sud-ouest de la France.

Paul Jaquenaud, soldat du 144ème RI français raconte : « Ils nous laissèrent partir sans tirer un coup de fusil. Nous avancions par bonds. Nous n’étions plus qu’à 40 mètres d’eux lorsqu’ils déclenchèrent un feu d’une violence inouïe. Nous fûmes décimés. Je tombai évanoui. Une balle avait traversé ma main et réduit en bouillie mon poignet droit. Je venais d’échapper miraculeusement à la mort. Après quelques minutes, je repris connaissance… Je rejoignis des blessés qui, dans la nuit erraient comme des fantômes… Quelques soldats m’indiquèrent une maison déjà remplie de blessés. Lorsque j’y arrivai, il n’y avait plus de place : au rez-de-chaussée et à l’étage, les blessés étaient allongés côte-à-côte… Vers 2h du matin, j’entendis des cris : les ambulances étaient arrivées. »

Le Bourgmestre de Lobbes, L. Duquesne, confie : « Des chariots de blessés suivaient, sur lesquels étaient étendus de pauvres soldats blêmes et perdant leur sang. J’arrête un major. Je lui dis que nous disposons de 40 lits. Bref, je lui offre nos services de Croix-Rouge. Je le vois soucieux ; il me répond à peine. Me méprenant sur son mutisme, je lui assure que ses blessés seront bien soignés, que nous avons des Sœurs expérimentées, des infirmières diplômées… »

L’équipement des soldats en 1914 – français et allemands

L’uniforme
L’uniforme allemand, de couleur Feldgrau vert de gris, se fond facilement dans le paysage. Davantage coloré avec son pantalon rouge garance, l’uniforme français est plus visible pour l’ennemi. Ces uniformes vont évoluer tout au long de la guerre.

Le fusil
Le Gewehr 98 allemand bénéfice d’un chargement rapide par la culasse (5 cartouches à la fois). Pourtant d’une bonne précision de tir, le lebel 1886 révisé 93 français est assez lent à recharger (cartouche par cartouche).

Le havresac
D’un poids approximatif de 15 kilos, le paquetage allemand contient une toile et des piquets de tente, une couverture, des gamelles, un bidon, des couverts, ainsi que des rations de survie. Pesant le double du paquetage allemand, à savoir près de 30 kilos, le havresac français comprend des vêtements, des chaussures de rechange, un nécessaire de toilette, une toile et des piquets de tente, des rations de survie, etc.

Cimetières et monuments

Pendant l’occupation, le pouvoir allemand construit un cimetière militaire dont il ne reste aujourd’hui que les murs d’enceinte et l’urne décorant le portail d’entrée. Ce cimetière a rassemblé les corps des soldats morts au combat de Lobbes. Auparavant, ils étaient entreposés dans des fosses provisoires.
Le cimetière militaire actuel compte les dépouilles de 226 soldats français. En outre, il est rehaussé par un magnifique monument phare symbolisant le culte voué aux soldats français. Beaucoup de défunts proviennent des régions de Bordeaux, de Paris, de Bretagne ou de Vendée. En parallèle, certaines familles ont érigé des monuments à la mémoire de leurs frères, fils et/ou maris tombés au combat. Le 17 juin 1920, Eugène Thomire fait l’acquisition d’un terrain de 75 mètres carrés auprès de Monsieur Fernand Copée. Tout cela dans l’objectif d’ériger ce monument toujours présent actuellement à la mémoire de son frère mort sur le champ de bataille de Lobbes.

Les voies de communication – le chemin de fer

Dans la vallée de la Haute Sambre, une voie de chemin de fer recoupe de nombreux méandres. En 1914, cette voie livre passage aux express Paris-Cologne. Après la bataille de Lobbes, les trains allemands attendent que l’on dégage les ponts obstrués. Cela se fait avec diligence pour que l’artillerie lourde allemande puisse aller se mettre en place pour le siège de la forteresse de Maubeuge. L’Etat-Major allemand, logeant chez le Bourgmestre de Lobbes, estime l’occupation à deux ou trois jours.

En réalité, le général Fournier, commandant de la forteresse de Maubeuge, se défend avec acharnement pendant deux semaines. Suite à ce contre temps, les trains de renfort allemands sont stoppés à la gare de Lobbes où ils prennent la direction du sud via la gare de Chimay. Partout, le long des voies, l’armée de Guillaume II veille à la conservation des lignes et des ouvrages d’art. Parfois, comme le 30 août, de longs trains de wagons fermés font le trajet inverse avec plus de 50 wagons de blessés ou de prisonniers.

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Sur les traces du soldat-prêtre Cyprien Brèthes

POINT DE DEPART : Office du Tourisme, Grand-Place 10, 6500 Beaumont

NOMBRE DE KILOMETRES : 7 km 174

Départ de la place de Beaumont qui verra défiler le 24ème Régiment d’Infanterie de Paris le 18 août 1914. L’église Saint Martin de Thirimont remémore le passage du soldat-prêtre Cyprien Brèthes de Castets situé dans les Landes qui unit ses prières à celles du Capitaine Menditte. Cyprien Brèthes sera tué lors de la bataille de Lobbes le 23 août 1914.

A côté, le « Petit Soldat » , Monument aux Morts, sculpture d’art naïf évoquant l’humilité du simple soldat créée en 1920.

Beaumont Grand Place – Passage obligé vers l’ennemi

Beaumont, ville médiévale renommée, a toujours été sur la route de France. Que ce soit par Coulsore vers la place-forte de Maubeuge, par Erquelinnes et Jeumont ou par la principauté de Chimay, toutes les routes passent par cette plaque tournante. L’armée française ne sait faire autrement pour gagner les rives de la Sambre.

Sur cette place, le 18 août 1914, la 11e Brigade d’Infanterie du 3e Corps d’Armée de la 5e Armée commandée par le général Lanrezac, défile fièrement sous les yeux d’une population belge qui ne cède en rien à la panique. C’est la première fois que la Belgique est en guerre depuis 1830. Les 24e et 28e Régiments d’Infanterie (RI) aiment à montrer leur bonne contenance. Sur la photo ci-jointe, le 24e RI défile devant son colonel, à cheval, sous les yeux de leurs frères d’armes qui leur rendent les honneurs.
Le 18e Corps d’Armée, commandé par le général de Mas-Latrie, passera également par cette ville et les villages environnants pour rejoindre Lobbes où aura lieu le combat d’Heuleu le 23 août 1914.

Eglise de Thirimont

Vous êtes à moins d’un kilomètre de la frontière française et de Reugnies, par où certains bataillons français sont passés en août 1914. Le capitaine de Menditte de la 3e Compagnie du1er bataillon du 144e RI (venant de Bordeaux) fait prendre le pas de course à ses hommes pour franchir la frontière. Peu après, voyant les visages interrogatifs, il leur dit « vous avez fait cela en hommage à ceux qui ne repasseront jamais cette frontière » !

Dans ses carnets de guerre, le capitaine fait mention que lorsque sa compagnie prend le bivouac pour la nuit, seul, il se dirige vers l’église de Thirimont. A l’intérieur, il y observe un soldat-prêtre, redevenu pour quelques moments un prêtre-soldat. La prière unit ces deux hommes avant la journée fatidique de Lobbes, le 23 août 1914, où sera tué Cyprien Brèthes, de Castets dans les Landes, soldat-prêtre au 144e RI, peut-être ce même homme que de Menditte à côtoyé quelques instants… Ce prêtre, qui est aussi sergent, blessé à Lobbes- Heuleu, malgré les soins reçus à l’ambulance de la Croix-Rouge de Fontaine-l’Évêque, il décède le 4 septembre 1914. Aujourd’hui sa dépouille repose au cimetière d’Heuleu, non loin de l’endroit où il fut mortellement blessé.

La vallée de la Hantes (ou Hante)

En ce mois d’août 1914, cette vallée est entièrement occupée par les campements des régiments de cavalerie française ainsi que par l’artillerie chargée de l’appui général. A cette époque des prémices de l’automobile, le cheval reste la principale force de traction des voitures, ambulances, forges de campagne, chariots de ravitaillement, bagages des troupes, chariots et caissons de munitions. Il en faut des centaines pour bouger l’ensemble des véhicules. Les prés et le fourrage priment en qualité et la riche vallée fournit une eau abondante et propre. A cette époque, les moulins à eau sont toujours en service et seront bien utiles pour le pain des soldats.

Sur la photo ci-dessous, vous pouvez voir le bivouac de l’artillerie du 18e Corps d’Armée dans la vallée de la Hantes. Cette vue est prise de la terrasse du château de Caraman (école Paridaens aujourd’hui).

Agrandie, ce détail montre la chapelle Saint-Julien l’Hospitalier (XVIe/XVIIIe siècles) en l’état actuel.

Leval-Chaudeville : Château Jacquet

Le premier « As » belge de la Grande Guerre

Fernand Jacquet est né le 2 novembre 1888 à Petite-Chapelle dans le Namurois. Pilote d’avion en 1913, il est attaché à la Compagnie des Aviateurs. Dès la déclaration de guerre, il participe aux opérations aériennes et remporte la première victoire le 17 avril 1915. Il est cité plusieurs fois à l’Ordre du Jour de l’Armée pour sa bravoure. Durant la guerre, prenant la tête du Groupe de Chasse, il est crédité de sept victoires homologuées et de plusieurs probables. Il est également cité à l’Ordre du Jour de l’Armée française le 5 août 1916. A la fin du conflit, le 11 novembre 1918, le commandant Jacquet a été engagé dans 126 combats aériens et a fait 344 sorties sur divers types d’appareils dont les célèbres Maurice Farman, Henry Farman, Sopwith 1 ½ Strutter, GN-2. Son Groupe de Chasse sera reconnu pour 119 victoires dont 75 avions et 44 ballons.

Miné par la maladie, il se retire dans le « château Jacquet » à Leval-Chaudeville où il s’éteint en octobre 1947. Il est inhumé dans le cimetière local.

Marchienne-au-Pont, l’industrie pendant le conflit

Déportation des Belges en Allemagne.

L’invasion allemande de la Belgique a commencé le 4 août 1914. Les villes belges, Liège, Dinant, Namur, tombent, l’une après l’autre. Charleroi, incendié et pillée, est prise le 23 août, avec des pertes humaines importantes. Commence alors la vie sous l’occupation.

1916. Pour l’Allemagne, la guerre s’enlise à l’Est comme à l’Ouest. Elle a besoin de main-d’œuvre pour son industrie militaire. Or, dans les territoires occupés, des milliers de travailleurs sont sans emploi à cause de la guerre et des destructions. La solution est donc de les forcer au travail sous la tutelle allemande.

Le 3 octobre 1916, les Allemands instituent, en Belgique occupée, le régime de travail forcé, avec déportation, pour toute personne inoccupée. Ils exigent des administrations communales de leur communiquer les listes des chômeurs, mais après le refus quasi-unanime des communes, les Allemands ordonnent la convocation de tous les jeunes gens, chômeurs ou non, de plus de 17 ans. Dans la région de Charleroi, ceux-ci sont obligés de se présenter aux Usines Germain, en face de la gare de Marchienne-au-Pont. Des milliers de jeunes Belges sont ainsi envoyés en Allemagne, dans les Gefangenenlager, réservés aux prisonniers civils. Détenus dans des conditions inhumaines, affamés, plusieurs centaines d’entre eux n’en reviendront pas vivants.

Le démantèlement des industries.

A partir de 1917, en Belgique, l’occupant allemand livre des usines entières à la démolition. Il ne s’agit plus seulement d’enlever des stocks de matières premières, une partie de l’outillage ou de la main-d’œuvre : les usines sont détruites de fond en comble, exception faite de quelques parties intéressant l’armée du Reich comme les ACEC à Marcinelle. C’est le triste sort des meilleurs outils de production de la sidérurgie belge et principalement de ses deux plus beaux fleurons : Cockerill à Seraing et les Forges de la Providence.

A Marchienne-au-Pont, la plus grande des installations est démontée ou transformée en mitrailles. Les cinq hauts fourneaux, l’aciérie, ainsi que tout le matériel de la fonderie sont détruits. Les laminoirs et toutes les parties mécaniques des fours à coke sont emportés. Seul le laminoir à petits trains et la tréfilerie, réquisitionnés par les Allemands, sont presque intacts.

Durant le congrès de Versailles, en juin 1919, le roi Albert 1er accompagne le président des États-Unis Woodrow Wilson ici même pour qu’il se rende compte de l’ampleur des destructions : « L’Allemagne paiera… » !

L’invasion de Charleroi

Le 22 août 1914. Charleroi incendiée. Morts, pillages et désolation. L’invasion allemande de la Belgique a commencé le 4 août 1914. Les villes belges, Liège, Dinant, Namur, tombent, l’une après l’autre. Le 22 août, les troupes allemandes envahissent Charleroi. Des fusillades éclatent à la Porte de Waterloo et les Allemands déferlent sur la ville, entraînant dans leur sillage de lourds panaches de fumées. Ils incendient plusieurs quartiers de la ville et prennent des otages qu’ils utilisent comme boucliers humains pour se protéger des tirs français. Les soldats français sont submergés et se replient. Sous prétexte de débusquer de possibles franc-tireurs, les Allemands brûlent méthodiquement les bâtiments au moyen de petites bombes incendiaires. La rue de la Montagne, la rue du Grand-Central et tout le boulevard Audent, depuis le viaduc, ne sont plus qu’un gigantesque brasier. Au total, 155 immeubles sont détruits et 42 civils tués. Dans les jours qui suivent, les Allemands pillent les lieux pour récupérer métaux, objets de valeur et œuvres d’art épargnés par les flammes, terminant de désoler ce qui était le cœur de la cité.

Les premières victimes de la guerre 14-18 de Charleroi L’invasion allemande de la Belgique a commencé le 4 août 1914. Les villes belges, Liège, Dinant, Namur, tombent, l’une après l’autre. Les pertes humaines sont importantes, de nombreux civils sont massacrés par l’envahisseur. Dès le 20 août, des avant-postes français s’établissent sur la Sambre et occupent les ponts de la ville. Le lendemain, vers six heures du matin, les premiers Allemands pénètrent à Charleroi, via la route de Bruxelles. Une trentaine d’éclaireurs traversent plusieurs communes sans être inquiétés, car les passants les prennent pour les Anglais. A Charleroi, arrivés au carrefour des rues de Montignies et du Pont-Neuf, les Allemands tombent sur les avant-postes français. De la barricade au fond de la rue, les mitrailleuses françaises tirent. Cette fusillade fait les premiers blessés et les premiers morts dans la cité. Ils sont transportés à l’hôpital civil de Charleroi et au collège du Sacré-Cœur. Le pire allait venir. Le 22 août, Charleroi est incendiée et pillée. Autour de Charleroi, la bataille de la Sambre fait rage. Des centaines de blessés, français ou allemands, sont amenés des champs de bataille pour être soignés à Charleroi.

Les chasseurs à pied pendant la Grande Guerre Eté 1914. La guerre est imminente. Le matin du 3 août 1914, sous les ovations de la foule, le 1er régiment et son dédoublement le 4e régiment de chasseurs à pied quittent la caserne d’infanterie qu’il occupe depuis 1883. Commandés par le colonel Jacquet, les chasseurs embarquent dans un train pour Namur, point de concentration de la 4e division. L’invasion allemande de la Belgique a commencé le 4 août 1914. Les chasseurs sont immédiatement dirigés sur Huy avec mission de défendre les passages sur la Meuse. Deux jours plus tard, ils sont appelés en renfort pour prendre part aux combats de Liège. Ils participent à la victoire du Sart-Tilman lors de laquelle est tué au combat le premier officier de réserve de l’armée belge, le lieutenant René Dufrasne. Durant la Grande Guerre, 1556 chasseurs tomberont pour la Belgique. La bravoure du 1er régiment de chasseurs à pied tout au long du conflit en fait l’un des plus décorés de toute l’armée belge. La caserne porte le nom du caporal Trésignies, en hommage à l’action héroïque accomplie par ce soldat du 2e chasseurs à pied et durant laquelle il perdit la vie le 26 août 1914.

Le massacre de Monceau-Sur-Sambre

L’invasion allemande de la Belgique a commencé le 4 août 1914. Les villes belges, Liège, Dinant, Namur, tombent, l’une après l’autre. Le 22 août, les Allemands envahissent la région de Charleroi, incendient les maisons et se servent d’otages comme boucliers humains. Charleroi, Monceau-sur-Sambre, Acoz, Tamines…, deviennent des lieux d’exactions allemandes, la population civile est massacrée avec une violence inouïe.

Le 22 août 1914 est l’une des pages les plus tristes de l’histoire des Moncellois. Ce matin-là, quelques troupes françaises stationnent aux lieux stratégiques de la cité. La rencontre avec les avant-gardes allemandes tourne mal et oblige les Français à se replier. Les Allemands, prétendant avoir eu affaire à des francs-tireurs, se déchaînent sur la population civile. A Monceau-sur-Sambre, 66 hommes et femmes sont violemment passés par les armes. De nombreux habitants sont blessés et des dizaines d’autres sont retenus en otage. Dans leur élan, les troupes allemandes incendient 251 maisons. Les rues de Trazegnies, du Calvaire, Beaussart, Monceau-Fontaine, de Dorlodot, Piges, Fenasses et Saint-Fiacre ne sont plus que ruines et désolation.

Yvonne Vieslet

Durant la première guerre mondiale, un mois seulement avant la fin du conflit, se déroula à Marchienne un événement tragique qui a laissé des traces dans la mémoire des habitants et qui a fait d’Yvonne Vieslet, l’enfant-martyre.

Cette petite fille de 10 ans habitait la commune de Monceau-sur-Sambre. Le 12 août 1918, elle accompagne sa mère vers Marchienne-au-Pont où travaillait son père. En chemin, elle passe devant le Cercle Saint-Edouard, où sont rassemblés des prisonniers français encadrés par des soldats allemands. La petite Yvonne avait un morceau de pain que distribuaient des comités de secours à chaque élève. A la vue de ces prisonniers visiblement mal en point et affamés et malgré la présence armée des Allemands, la fillette s’approche des grilles pour donner son pain à un prisonnier. Un soldat tire, touchant grièvement la petite Yvonne qui s’éteint quelques heures plus tard. Inhumée au cimetière de Monceau-sur-Sambre, elle sera transférée au carré d’honneur des anciens combattants à la fin de la guerre. En 1919, elle recevra la médaille de la Reconnaissance française.

Sur les traces de la cavalerie Sordet

NOMBRE DE KILOMETRES : 6,5 km

POINT DE DEPART : 71 rue d’Anderlues – 7141 Carnières (face à la Jardinerie)

« Ce parcours de mémoire permet, au départ d’une table d’orientation, de découvrir l’ensemble du théâtre des combats meurtriers qui préfiguraient la suite de la Première Guerre mondiale.

Au fil des chemins et sentiers, le touriste découvre pas à pas les positions occupées par les troupes françaises et allemandes.

Il peut imaginer les pantalons rouges des lignards déployés en tirailleurs, la fusillade à la gare de Piéton, aux lisières du bois des Vallées, des bois de Chèvremont et de Warimez, le tir des batteries allemandes de 77 et le large mouvement d’encerclement des forces allemandes par les hauteurs de Mont-Ste-Aldegonde, l’hécatombe résultant de la contre-attaque française. »

 

Parcours du Commandant Fernand Jacquet

NOM DU PARCOURS : Parcours du Commandant Fernand Jacquet

POINT DE DEPART : : Office du Tourisme, Grand-Place 10 6500 Beaumont

NOMBRE DE KILOMETRES : 3 km 242

Ce circuit emmène le visiteur vers la vallée de la Hantes que surplombe la Tour et les remparts. Cette vallée fut entièrement occupée par les campements des régiments de cavalerie  L’on découvre la maison de maître « Château Jacquet »où se retira le Commandant Fernand Jacquet, pilote aviateur du Roi Albert Ier, détenteur de nombreuses victoires aériennes et décoré d’une des 3 distinctions honorifiques (D.F.C.) par le Roi d’Angleterre.

Les coulisses de la Grande Guerre

NOMBRE DE KILOMETRES : 6,2 km (ou 10,2km si liaison avec Gozée)

POINT DE DEPART : Eglise, Place Gendebien, 1 – 6120 Marbaix-la-Tour

Ce parcours de mémoire évoque la position particulière. Les thèmes abordés sur les panneaux placés le long de la promenade : les batailles sur Marbaix-la-Tour et Nalinnes, l’Hôpital provisoire, les enjeux ferroviaires, la tactique militaire.

Territoire d’Ham-sur-Heure-Nalinnes

Aucune grande route ne traversant l’entité, les villages sont donc relativement épargnés lors des combats des 22 et 23 août 1914. Ceux-ci ont lieux au nord à la limite de Marbaix-la-Tour-Gozée, et au sud à la limite de Nalinnes. Comme en de nombreux endroits, la majorité des habitants a évacué les villages. La population se dirige vers Beaumont et la France. L’Eglise de Nalinnes-Centre conserve une trace de cette bataille. On raconte qu’à un moment du combat, la présence d’un observateur allemand dans le clocher de l’église est signalée parmi les troupes françaises, et un tir d’artillerie est demandé. L’obus n’atteint fort heureusement qu’une arête de la tour, et apparemment le tir n’est pas poursuivi. On peut encore observer actuellement la trace de la réparation de la maçonnerie.

En 1916, un cimetière est construit à la sortie de Nalinnes-Haies vers Marcinelle. Il comptait 113 tombes dont 34 françaises, 78 allemandes et une belge. Actuellement, il ne reste rien de ce cimetière. Tout comme le cimetière de Gozée, en 1922, les corps des soldats français sont déplacés vers Belle-Motte. Les corps des soldats allemands sont transférés à Vladslo en 1956.

Hôpital provisoire (ferme de la pasture)

Le château de La Pasture est transformé en hôpital provisoire en raison des caractéristiques prescrites par le règlement de 1912 en matière de poste de secours en temps de guerre : « généralement installé dans un village, dans une grande ferme, dans un château ou à défaut dans des groupes d’habitations où on choisira des maisons garanties par d’autres constructions. » Etant donné la mobilité des ambulances, le corps médical ne pratique, outre les soins aux blessures superficielles, que les opérations d’une urgence absolue : hémorragies artérielles des membres, menaces d’asphyxie, régularisation des segments osseux, etc. Pour les blessures superficielles, les blessés sont renvoyés au corps d’armée quelques jours, les autres sont transportés vers les hôpitaux les plus proches.

Prés du château de La Pasture, le lieutenant Charles Cécile succombe au tir d’une violente attaque de l’artillerie allemande. Une sépulture est placée dans l’aire du château à l’endroit où il perd la vie. Il est cité à l’ordre du régiment le 25 août avec la mention : « Par son ascendant moral merveilleux sur ses hommes, a maintenu jusqu’à la dernière limite sa section de mitrailleuses sous un feu des plus violent d’artillerie et d’infanterie ennemie. Officier d’une rare valeur a été malheureusement mortellement blessé. » Son corps sera rapatrié en France vers 1970.

Les enjeux ferroviaires

L’armée d’occupation est scindée en deux catégories : la « Landwehr » (« défense du pays ») et la « Landsturm » (« troupes de réserve militaire »). La « Landwehr » comprend des hommes âgés de plus de 27 ans. A la différence des autres régiments d’infanterie, ils n’ont pas de compagnie de mitrailleuses et ne sont constitués que de 2 bataillons. Ils ont pris une part active lors des combats de la Grande Guerre. La « Landsturm » est composée d’hommes entre 17 et 45 ans qui n’ont pas été jugés aptes pour le front, mais qui malgré tout n’ont pas bénéficié d’une exemption de service. Ils sont incorporés dans les unités de défense du territoire ou territoires occupés. A partir de 39 ans, ils sont versés dans la Landsturm 2e ban.

L’entité d’Ham-sur-Heure-Nalinnes est traversée par la ligne de chemin de fer « Charleroi – Vireux » (sud de Givet) et comprend plusieurs gares : Cour-sur-Heure, Ham-sur-Heure et Jamioulx. Durant l’occupation, la « Landsturm » est donc fortement déployée. Après l’armistice du 11 novembre 1918, les troupes allemandes ont un bref délai pour quitter les territoires occupés. Dans la nuit du 14 au 15 novembre suivant, en gare de formation de Jamioulx, un train de munitions est à l’arrêt. Ne parvenant pas à l’aiguiller vers Charleroi, les Allemands décident de le détruire et le font sauter. La gare est complètement ravagée et couverte d’un amoncellement de ferrailles. Les trois quarts des logements sont détruits, et des vitres brisées s’entassent dans les villages voisins.

Tactiques militaires

Coté français, en 1914, la tactique de combat était assez simple : charger massivement l’ennemi et remporter la victoire à la pointe de la baïonnette. Du côté allemand, la tactique est différente. Les troupes sont positionnées devant l’objectif. Utilisant le terrain au maximum, la charge finale n’est lancée qu’au dernier instant. En outre, les Allemands plaçaient de temps en temps des otages devant les troupes servant ainsi de boucliers humains. Ils estimaient, à raison, que les soldats français ne tireraient pas sur des civils.

Suite à la perte d’une grande partie de ses troupes (Roselies, Tamines, etc.), le Général Charles Lanrezac prend position en se préparant à l’attaque sur toute la Sambre. Les combats ont lieu les 22 et 23 août, suite à la marche en avant de la IIème armée allemande. Les Français perdent tous leurs combats sur la Sambre. Le Général Charles Lanrezac, sans l’assentiment de son supérieur le Généralissime Joffre, ordonne le 23 au soir la retraite générale de sa Vème armée. Cette prise de position a permis de ne pas se faire encercler à Charleroi, ainsi que le sauvetage de la division belge de la Place forte de Namur. Cette tactique fut également mise en œuvre lors de la bataille de Guise et sur la Marne. Malgré son intelligence militaire, le Général Charles Lanrezac est limogé par Joffre pour insubordination. Par la suite, lorsque Joffre est destitué, l’affaire Lanrezac refait surface et les honneurs sont rendus au Général. Toutefois, il refusa les décorations et prit sa retraite.

L’arrivée des australiens

Après l’armistice, quatre des cinq divisions australiennes venues combattre en Europe sont cantonnées dans l’Entre-Sambre-et-Meuse à partir de la mi-décembre en vue de leur retour dans leur pays au départ de la gare de Charleroi. En pratique, ces troupes installent leurs quartiers d’hiver dans toute la région, et le Grand Quartier Général investit le château du Comte d’Oultremont à Ham-sur-Heure. Quelques jours plus tard, Le Prince de Galles, futur roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard VIII (1894-1972) vient visiter et décorer les plus méritants des militaires. Il établit également sa résidence au château d’Ham-sur-Heure.

Les soldats sont logés chez l’habitant et reçus partout avec chaleur comme en témoignent de nombreux écrits. Des liens d’amitiés, et même parfois amoureux, se créent rapidement et leur départ à partir de la mi-janvier 1919 est ressenti avec beaucoup de tristesse. Par exemple, à Nalinnes Haies, arrivés le 20 décembre 1918, les soldats australiens sont hébergés chez l’habitant comme partout dans la région. Cinq d’entre eux ont logé chez Nestor Pourigneaux à la rue des Haies.

Sur le champ de bataille

NOMBRE DE KILOMETRES : 4,4 km

POINT DE DEPART : Maison de la Laïcité Place Degauque, 6142 Leernes

Suite à la bataille du 22 août sur le plateau de l’Espinette, la population civile s’organise en matière de soins aux blessés en créant des hôpitaux provisoires avec l’appui du célèbre Docteur Emile Hautain. Des monuments sont également érigés par les familles en mémoire des défunts. Madame Champetier de Ribes fait construire une croix en hommage à ses deux fils perdus au service de la France. Celle-ci se trouve à l’entrée du cimetière de Leernes.

Les batailles oubliées de la Sambre

Le 4 août 1914, l’état-major allemand lance plus de 700.000 hommes à l’assaut de la Belgique. La IIème armée allemande, commandée par le Général Karl von Bülow, traverse notre pays en passant par Maubeuge avec pour objectif ultime d’envahir la France et faire tomber Paris. La Vème armée française est commandée par le Général Charles Lanrezac. La rencontre entre ces 2 armées se déroule du 21 au 24 août en de multiples endroits de part et d’autre de la Sambre.

La Bataille de Leernes – le 22 août 1914

Le 3ème bataillon de soldats français du 28ème RI, dont presque tous les membres sont Normands de la région d’Evreux, occupe le plateau de l’Espinette. Le 22 août, soutenus par une puissante artillerie, les Allemands débouchent de Goutroux et Monceau-sur-Sambre. L’affrontement fut bref mais meurtrier. Deux civils trouvent la mort : Evariste Bellot observant les tirs derrière sa haie, et Léon Gandibleu qui est touché en portant secours avec sa charrette aux blessés français. La population civile s’organise en matière de soins aux blessés en créant des hôpitaux provisoires.

Durant la guerre, cette demeure sert de salle de réunions pour les comités de secours, de salle de ravitaillement, etc. Elle fut aussi le bureau du docteur Emile Hautain en tant que Médecin-Inspecteur des écoles Communales en 1917, et comme président du comité local de secours en 1918.

Le docteur Emile Hautain

Le docteur Emile HAUTAIN, né en 1873, s’installe à Leernes en 1908. Dès août 1914, il organise à Fontaine-l’Evêque le poste de la Croix-Rouge de Belgique n°1284 dans le bâtiment de l’école communale des filles (actuellement rue de l’Enseignement). L’épouse du docteur, Rose Demesse, et sa fille Marguerite, infirmières de la Croix-Rouge, ont reçu une grande quantité de blessés au sein de leur maison. Les cas les plus critiques sont envoyés à l’hôpital de la ville de Fontaine. « Les armoires se remplissaient de réserves de toutes sortes, depuis la vaisselle jusqu’aux moindres objets de toilette. Nos caves se remplissaient d’aliments et de boissons (bières et vins) et notre caisse se garnit d’argent. » – Témoignage du docteur Emile Hautain.

Grâce à son dévouement et son expertise médicale, le docteur Emile Hautain contribue à sauver de nombreuses vies. En guise de reconnaissance, le docteur Emile Hautain recevra en 1920 la médaille du Roi Albert, décernée aux citoyens ayant fait preuve de charité et d’humilité. Il sera fait Chevalier de l’ordre de Léopold, et il publiera en 1932 le récit des combats et les conditions de survie des blessés.

L’hôpital provisoire de L’Ecole des Sœurs

A la demande d’un officier français, douze lits sont aménagés par les religieuses dans les bâtiments de l’ancienne l’école. En pratique, cet hôpital provisoire est aidé de trois diplômés de la Croix Rouge : Raoul Michot, Marie Wegehenkel et Yvonne Golière. Amené par les brancardiers français, le premier blessé arrive moins de trente minutes après le début du combat. Les suivants sont pris en charge par les habitants de Leernes, transportés sur leur dos, ou traînés sur des brancards improvisés.

Les lits commencent à manquer. Les édredons et d’épaisses couches de paille font l’affaire. « Dès qu’un blessé, en apparence plus touché, entrait, on voyait les autres se soulever, ou au moins essayer de le faire, pour abandonner généreusement sa place au plus malheureux. C’était émouvant de les voir s’encourager mutuellement, essayer de remonter les plus souffrants par des paroles de réconfort, par un mot pour rire même. » – témoignage du docteur Emile Hautain. Dans la soirée à l’issue des combats, les blessés transportables les plus critiques sont envoyés à l’hôpital de Fontaine-l’Evêque.

En parallèle, et de concert avec le docteur Emile Hautain, le quartier des Wespes établit un poste supplémentaire de la Croix-Rouge au sein de la maison de l’école des filles.

Monument commémoratif – La croix de Gozée

Après la guerre, et comme partout en Europe, un vaste mouvement commémoratif s’empare des villes belges. Les monuments vont faire « quelque chose » de cette guerre pour que l’on ne soit pas mort pour rien, pour retrouver une identité et un avenir. Des stèles et des monuments s’élèvent, des plaques sont apposées, des obélisques sont érigés. On y retrouve l’image du combattant, de la mort ou des morts, symbolisant les divers portraits de cette guerre que s’en sont faits les contemporains. En pratique, ces monuments prennent place au centre des combats ou de la vie sociale : lieu de bataille, du décès, près des églises, sur les places publiques, dans les cimetières, etc.

Des monuments sont également érigés par les familles en mémoire des défunts. Madame Champetier de Ribes, ayant perdu deux fils au service de la France, fait construire une croix par un artisan tailleur de pierre. Taillée dans un bloc massif provenant des carrières Stenuick de Fontaine-l’Evêque, elle est, dans un premier temps, placée en 1916 au cimetière franco-allemand de Gozée dit de la « Pépinière » pour indiquer la fosse commune des combattants de Leernes. En 1922, les soldats français sont transférés au cimetière de Belle-Motte d’Aiseau-Presles. Avec accord de Madame Champetier de Ribes, le docteur Emile Hautain fait déplacer cette croix de Gozée à l’entrée du cimetière de Leernes.

Les lieux de batailles

Plateau de l’Espinette
Vers 14h, la confrontation du 22 août a lieu sur ce plateau. Dès le 24 août, des civils belges sont réquisitionnés pour ensevelir les corps de 72 Français et 12 Allemands dans une fosse commune. Les dépouilles sont transférées au cimetière militaire de Gozée, puis au cimetière d’Aiseau-Presles. Toutefois, au sortir de la guerre, à Leernes comme ailleurs en Wallonie, des monuments s’érigent témoignant d’une volonté de garder en mémoire cette guerre. Le 20 mars 1920, sous l’égide du Docteur Emile Hautain, une souscription est lancée afin d’ériger « un monument à la mémoire des soldats français qui moururent dans la campagne de Leernes ». Celui-ci est inauguré le 22 août 1921.

Camp de prisonniers temporaires

Pendant la 1ère Guerre Mondiale, le nombre de prisonniers de guerre fut considérable. Un peu plus de 6,6 millions de soldats sont faits prisonniers lors du conflit, dont 2.250.000 par l’Allemagne. Tombés aux mains de l’ennemi, les soldats français sont astreints à de lourds travaux, et subissent des conditions de vie difficiles. Il s’agit principalement de soldats, mais également de civils, pris en otage et détenus en Belgique ou envoyés en Allemagne.

Suite aux combats de la Sambre et de Mons, cette ferme sert, pendant au moins quelques mois, de camp de prisonniers essentiellement pour des Britanniques et quelques Français. Cette bâtisse, une fois la porte d’entrée close, devenait très facile à garder pour les autorités allemandes. Munie de trois étages servant à entreposer grains et fourrage, elle a logé une cinquantaine de prisonniers. Sous la garde des soldats allemands, ces détenus vont travailler la journée dans les champs.

Pour la petite histoire, la grange de cette ferme est réquisitionnée par les Allemands de 1940 jusqu’en 1944 afin d’entreposer leurs charrois. Cette ferme est connue sous l’appellation de « ferme Fourmeau » car cette famille en est devenue propriétaire entre les deux guerres mondiales.

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